ma dolce vita

Gastronomie, histoires, etc. entre Parigi et Roma

samedi 14 avril 2007

Entre colombe et treccia de Pâques

En Italie, le dessert favori des fêtes familiales de Pâques est la colomba, une sorte de brioche aux fruits confits en forme de colombe. Equivalent de ce que représentent le panettone ou le pandoro pour le Noël à l'italienne, la colomba aurait, comme toujours, d'historiques et anciennes origines, plus ou moins fantaisistes selon les récits. Au VIe siècle, le roi des Lombards, le conquérant Elboino, lors du siège de Pavie, demanda un tribut de 12 jeunes filles, les plus belles de la cité. Un vieux homme eut l'idée alors d'offrir le jour de Pâques un pain sucré en forme de colombe à Elboino, en symbole de paix. Séduit, le roi lui promit de toujours respecter les colombes. On amena ensuite les jolies otages au roi qui leur demanda comment elles se nommaient. La première répondit "Colombe". Lorsque le roi dit à la seconde "quel est ton nom?", elle eut le même réponse "colombe". Tour à tour, elles donnèrent tous ce nom. Par cet heureux stratagème, le roi fut convaincu de ne pas détruire la cité, il y installa son pouvoir et fit en sorte que l'on y respecte toujours les colombes... Plus probablement et moins "légendairement", la Colomba aurait été inventée, au début des années 1900, par les milanais de Motta, qui fabriquaient déjà avec succès le panettone et cherchaient une spécialité équivalente pour les fêtes de la Pasqua! Cette année, je n'étais pas à Rome pour Pâques, je n'ai donc pas acheté de colomba. Je dois avouer que ce n'est pas une grande perte, car ce gâteau tient vraiment de l'étouffe-chrétien, si vous me permettez l'expression...

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(source: http://www.balocco.it/)

Dans les familles, les repas de Pâques se terminent donc essentiellement aujourd'hui par cette colomba, farcie de crème, de fruits ou de crème glacée ou plus souvent engoutie avec gourmandises par les enfants avec les oeufs en chocolat. D'ailleurs, en Italie, pas de cloche! chez nous, je vous rappelle que justement elles sont censées rentrer de Rome... lorsque je raconte notre tradition et la chasse à l'oeuf dans le jardin, on me regarde d'un oeil curieux, d'un air de dire: "ils sont fous ces Français!"
Mais l'on trouve d'autres spécialités qui sont beaucoup plus en lien avec la signification ancienne des fêtes de Pâques. Pour exemple, cette tresse de la région des Pouilles, qui ne contient pas de levure, comme le veut la tradition chrétienne "Ne savez–vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Purifiez–vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de perfidie et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité." (Saint Paul). Ce n'est pas que j'apprécie particulièrement Saint Paul, au contraire - mais je m'éloigne de la gastronomie! - mais la citation est intéressante. Cette treccia est aussi surmontée d'oeufs dits "porte-bonheur". Il faut dire que les chinois, les grecs et les égyptiens s'échangeaient déjà des oeufs lors des fêtes printanières comme symboles de fertilité et de renouveau de la nature. Cette treccia pasquale n'a rien d'une brioche ou d'un gâteau. Gastronomiquement, elle a peu d'intérêt mais elle me donne le sentiment de mettre du sens dans une fête qui n'en a plus tellement aujourd'hui, à part celui des orgies "chocolatières"!

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450g de farine
100G de sucre
100 ml d'huile d'olive
150 ml de lait
3 oeufs
sucre en grain
sel

Faites chauffer le lait environ 2 minutes à feu moyen. Mélangez la farine avec le sucre et une cuillère à café de sel. Ajoutez l'huile. Travaillez jusqu'à ce l'huile soit complètement absorbée. Ajoutez alors le lait tiède petit à petit en mélangeant jusqu'à l'obtention d'une pâte lisse et ferme. Partagez-la en 3 et gardez une grosse noix de pâte à part. Formez des cylindres d'égale largeur et longueur avec les 3 morceaux de pâte. Puis formez le tresse en les croisant. A chaque extrémité, disposez un oeuf lavé et séché. Fixez-les avec deux croisillons de pâte à la tresse. Dorez à l'oeuf la treccia et saupoudrez de sucre. Faitez cuire au four sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, à 180°, pendant environ 40 minutes.

Posté par peggypicot à 10:57 - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires

    Splendide ta tresse! Avec ses grains de sucre perlé, je craque!

    Posté par $ha, samedi 14 avril 2007 à 11:23
  • waaooouuwww!!

    elle est superbe!! biises micky

    Posté par mickymath, samedi 14 avril 2007 à 12:10
  • Tu crois que je vais voir ça la semaine prochaine quand je vais être en Italie? Il es restera?

    Posté par mamina, samedi 14 avril 2007 à 13:22
  • Très intéressant cette histoire. J'apprécie tes billets pour leur côté historique. Et la tresse est très réussie!

    Posté par Ninnie, samedi 14 avril 2007 à 13:40
  • Merci pour vos commentaires! oui, Mamina, je pense que tu trouveras des colomba sans souci!

    Posté par peggy, samedi 14 avril 2007 à 15:41
  • J'aime beaucoup découvrir l'Italie par tes billets gourmands et instructifs!

    Posté par mayacook, lundi 16 avril 2007 à 10:19
  • Nous au Portugal, nous avons assui un gateau pareille, la pate je ne sais pas bien comment on le fait mais on met aussi un oeuf cuit au millieu et apres on le croise avec un peu de pate au dessous comme celui-la. Mais on le met de la canelle et de l'anis vert.

    Posté par Cristina, lundi 16 avril 2007 à 18:09
  • Comme elle est belle !
    J'adore ces sucreries..

    Posté par lory, mercredi 18 avril 2007 à 00:28
  • Parisienne exhilée en sicile depuis deux annèes, ici aussi on confectionne la treccia pour paques, les dècors sont souvent très travaillès, il y a des mamas absolument douées qui font de vrais merceilles, l'oeuf dur se trouve souvent enfermé au milieu d'oiseaux ou de fleurs très artistiquement travaillès. Quant a la colomba, c'est exactement le panettone que l'on trouve a noél sur toutes les tables, seule la forme change, Ah comme nos buches m'ont manquè ici.

    Posté par zazie, samedi 28 avril 2007 à 19:55
  • Toujours un énorme plaisir instructif de te lire! Je préfère la version colombophile à celle des bourgeois de Calais, on savait vivre en Italie, et on sait toujours... Quant aux cloches, c'est pourtant logique, elle ne peuvent pas y être si elles sont chez nous!

    Posté par Patrick CdM, lundi 30 avril 2007 à 09:56
  • ils ne cherchent pas du tout les oeufs dans le jardin, les p'tits italiens? je sens que ce pain sans levain doit être une merveille...

    Posté par alhya, mardi 1 mai 2007 à 08:03
  • A votre avis, il est mieux d'acheter La sorbetière avec installation frigorifique incorporée ou les Sorbetières à accumulation de froid ?
    Merci de votre aide

    Posté par Crème glacée's, jeudi 10 mai 2007 à 21:04

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