ma dolce vita

Gastronomie, histoires, etc. entre Parigi et Roma

jeudi 3 décembre 2009

Le jour où j'ai aimé Paris, à nouveau

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Je suis une provinciale. Longtemps, j'ai rêvé de "la Capitale".

Un jour, j'ai eu l'opportunité d'y vivre. Enfin presque, puisque j'habite en banlieue. Très proche certes et plutôt privilégiée. A un "jet de pierre", j'ai toujours eu le sentiment d'être "presque" à Paris. Ah ce "presque" qui fait toute la différence...

Au début, j'ai passé mon temps libre à écumer les musées, je me suis perdue dans ses quartiers, populaires et crasseux, bobos et marchands, riches et historiques. Le nez au vent, heureuse et fascinée par son énergie malgré ses grands airs de bourgeoise frileuse, j'étais encore séduite par delà ses distances.

Et puis, la jeunesse des débuts m'a lâchée et j'ai commencé à y travailler. Adopter le rythme. Suivre la cadence des transports en commun. Connaître l'épuisement quotidien des migrations matinales et vespérales. Des années plus tard, j'ai compris que j'avais changé et que la ville m'avait avalée. Je la détestais.

Ce n'est pas une question de nationalité, d'origine, de langue, de couleur de peau ou d'âme, mais ici, j'ai l'impression que nous sommes tous des étrangers. Aux portes d'un rêve de provinciale, je ne m'y suis jamais sentie chez moi.

Ce désamour m'a profondément déçue. Vous me direz que c'est banal de prendre conscience de la distance entre l'idée que l'on se fait d'une chose et la chose telle qu'elle est vraiment.

Et puis un jour, à force de la quitter en croyant que tout était fini entre nous, je l'ai aimée à nouveau. C'était à cette période, lors des préparatifs des fêtes de fin d'année. Temple de la consommation poussée à son extrême, elle se pare de ses atours les plus précieux. Elle ne craint jamais d'en faire trop. Et je ne la trouve jamais plus rayonnante qu'en cette veille de Noël, avec ses vitrines au luxe insensé, ses étoiles artificielles, ses excès de tout qui font la joie des gamins. Parce qu'elle sait me faire croire qu'elle est toujours cette ville de tous les rêves. Et des miens.

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Mes vitrines préférées 2009 :  Galeries Lafayette maison et (comme toujours mes préférées) Le Printemps, boulevard Haussmann. Bravo à leurs concepteurs et au talent des artisans de la haute couture française.

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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mardi 1 décembre 2009

La capitale de son coeur

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Depuis que je navigue entre Paris et Rome, j'entends souvent les mêmes choses. Que j'ai de la chance, que Rome, que Paris est belle. Des adjectifs, des superlatifs. Paris et ses lumières, son goût pour l'apparat, son chic et son swing, son réseau de transports en commun qui fait l'admiration de mes amis italiens. Rome et son exception, ses siècles à ciel ouvert, sa douceur de vivre à l'italienne et ses accents populaires. Des deux côtés, dans les deux langues, j'entends les mêmes mots. Il y a tellement d'étoiles dans les yeux de mes interlocuteurs, des images de films mythiques et des clichés qui durent encore, des souvenirs de voyages et des vœux de vacances prochaines. Et souvent, je ne sais pas quoi dire en retour.

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Personne n'a envie de briser un rêve. C'est embarrassant, j'ai peur de décevoir parce que mon regard est différent. Mais c'est normal lorsque l'on vit quelque part! Plus que l'habitude, dont on se sépare assez aisément lorsque l'on a en permanence une valise ouverte - et à moitié défaite - dans son appartement, le responsable s'appelle l'expérience. Parce qu'on finit toujours par connaître les entrailles d'une ville, ses humeurs, ses rumeurs, ses manies agaçantes et ses défauts bien dissimulés sous le clinquant des vernis soignés.

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Même au cœur d'un mythe, le quotidien comme partout au monde se vit au jour le jour. Et il est tellement difficile d'habiter et dans l'une, et dans l'autre. Ce serait beaucoup trop long d'expliquer pourquoi... Comme deux cousines envieuses, enfants gâtées par l'Histoire, orgueilleuses de leurs années fabuleuses, elles se complaisent trop dans leurs lumières pâlissantes. Mais elles ont de la chance. Elles savent se faire pardonner. Et aimer. Malgré tout et pour ce qu'elles sont dans le fond. - "Alors, laquelle préfères-tu?" 

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Pourquoi faudrait-il choisir?

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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mardi 30 juin 2009

Destin d'un pigeon sur la piazza San Marco

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Je me demande si tous ces gens qui se réjouissent d'être couverts par des nuées de pigeons - qui ne sont rien d'autre que les rats des airs, rappelons-le - apprécieraient autant de poser avec deux ou trois rongeurs des égouts sur les épaules... A Venise, depuis l'an dernier, il a été interdit de nourrir les fameux pigeons de la piazza San Marco. Conséquence : les camelots qui faisaient commerce de la vente de graines ont disparus mais il reste quelques photographes malins et bien outillés (avec une imprimante dans leur carriole), toujours prêts à vous immortaliser avec un oiseau sur la couenne. Drôlement doués pour entendre le froissement d'un emballage de biscuits qu'un badaud sort innocemment de son sac à l'heure du goûter de l'autre côté de la place, les pigeons sont toujours là. Mais un matin, de très bonne heure, bien avant l'invasion des hordes déchainées de touristes de ce début d'été, j'ai dérangé un goéland en plein petit-déjeuner. Ne cherchez pas la recette, le "gabbiano" vénitien préfère déguster son aile de pigeon façon carpaccio...

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Io mi chiedo se tutta questa gente stra-felice di essere coperta di piccioni - che non sono altro che i topi dell'aria,- sarebbe tanto contenta di posare con un paio di roditori delle fogne sulle spalle! L'anno scorso, è stato proibito di nutrire i piccioni a Venezia: allora sono spariti i venditori di grano ma quelli che ti propongono di immortalarti con il volatile addosso (e che te la stampano subito), ci sono ancora. Comunque, questi piccioni hanno un dono particolare per sentire, anche dall'altro lato della piazza, un innocente che apre senza paura una confezione di biscotti per merenda! Una mattina, prestissimo, mentre San Marco era ancora calma, senza il rumore persistente dei turisti di quest'inizio d'estate, ho disturbato un gabbiano che era ben occupato a fare colazione con un' ala di piccione...

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L'histoire ne dit pas comment est mort le pigeon.

La storia non dice come è morto il piccione.

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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dimanche 21 juin 2009

Visite dans le métro parisien

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Un bon plan pour les amoureux d'histoire et les curieux en tous genres. L'association Ademas (Association d'exploitation du matériel Sprague) organise régulièrement des visites du métro parisien. Ces passionnés - qui jouaient déjà sans doute aux petits trains lorsqu'ils étaient enfants - férus d'histoire de la capitale et généreux dans leur envie de partager leurs connaissances, ont entrepris de sauvegarder le patrimoine d'un lieu  qui fait partie du quotidien de plusieurs millions de franciliens. Un endroit parfois maudit, si souvent synonyme de galère pour les usagers mais qui surprend par l'ingéniosité de son impressionnante machinerie et la richesses des vestiges de son passé pour peu qu'on prenne le temps de le regarder sous un jour différent. Une visite de près de 4 heures permet de découvrir les stations fantômes, les secrets des voies de raccordement et même d'anciennes affiches publicitaires en faïence dans un couloir aujourd'hui fermé au public:

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Jusqu'en 2007, l'association organisait aussi de vraies virées nocturnes à bord d'un train classé monument historique, une rame Sprague-Thomson A.475 sur les voies secondaires du réseau parisien. Malheureusement, ces circuits atypiques sont pour l'instant suspendus. Espérons que la RATP les autorise à nouveau très vite!

ADEMAS - 15 rue Erlanger - 75016 Paris - Téléphone/télécopieur : 01 47 46 03 91

secretariat@ademas-assoc.com - http://ademas-assoc.com

Balade à pied dans le métro: 12 €

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Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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dimanche 7 juin 2009

Ma campagne basque et le clafoutis aux cerises acides de Linda Louis

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De retour de ma campagne, j'ai eu envie de partager avec vous quelques photos de sympathiques bestioles du jardin et de l'atmosphère douillette de la maison de mes parents sur les hauteurs verdoyantes du pays basque de mon enfance.

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Une façon aussi de vous parler de Linda Louis, Lilo du blog Cuisine Campagne qui nous régale avec passion de ses recettes colorées entre terroirs, produits de saison et curiosité culinaire depuis 3 ans. Elle vient de publier un livre de 80 recettes "au fil des saisons", La cuisine campagne de Lilo aux éditions Rustica. Du printemps à l'hiver, on chemine tout au long d'une année gourmande où Linda, maman attentive, éco-citoyenne militante et cuisinière avertie, distille de bons conseils pour consommer mieux, se nourrir plus sainement dans le respect de notre environnement. En le feuilletant, j'ai repéré quelques recettes à l'intitulé prometteur: verrine de brioche perdue aux fruits rouges et son pesto sucré à la menthe et aux pistaches, les toasts de Salers au chutney d'abricots, la poêlée de pommes de terre et de maquereau aux échalotes et au sel fumé ou le panaché d'escargots au Roquefort, au wakamé et aux piments rouges... Moderne, sérieux et instructif, ce joli livre tranche  radicalement avec les daubes indigestes que certains éditeurs peu scrupuleux - et qui semblent connaître aussi peu la gastronomie que le respect des lecteurs et des auteurs-bloggeurs - se croient en droit de nous infliger depuis quelques temps. Lilo: bravo, merci et continue!

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(source photo : http://www.rustica.fr)

En ce dimanche de la fête des mères (encore une fois, bonne fête maman!), j'ai eu envie de tester l'une de ses recettes: le clafoutis aux cerises acides (il se trouve qu'il me restait une grosse poignée de cerises du jardin, pas si acides mais garanties sans traitement, ni saleté chimique, grâce à la main verte de mon père). Pour la recette, elle est donc dans le livre de Lilo,  vous trouverez ici toutes les indications (clic) pour vous le procurer. En attendant, voici un aperçu de ce dessert de fin de printemps, fort bienvenu à ma table ce midi pour résister à la triste grisaille d'un dimanche parisien, loin de la campagne... (la pauvre luminosité de ma photo vous donne une idée de la couleur du ciel cet après-midi!).

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Merci à mes parents pour les succulentes cerises du jardin et merci à Lilo pour ce si beau livre, sensible, sincère et engagé, qui lui ressemble tellement.

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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lundi 13 avril 2009

Quelques olives et un saint patron des séismes à Ascoli Piceno

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294 victimes, 24 000 personnes en attente de retrouver une vie, des secousses qui n'ont pas cessé, une existence qui bascule en 20 secondes, au milieu de la nuit: je n'ai pas grand chose à ajouter concernant le tremblement de terre survenu la semaine dernière à L'Aquila. Mais il se trouve que le week-end précédant la catastrophe, nous avons traversé les Abruzzes avec le ragazzo. A quelques kilomètres, il jouait avec son quartet jazz à Ascoli Piceno, une élégante ville des Marche. Une belle endormie à l'art de vivre plaisant. A l'ombre des terrasses de ses placettes Renaissance, on déguste les fameuses olives à l'Ascolana, de succulentes olives préparées avec une farce assez similaire à celle des tortellini, frites dans une panure fine (retrouvez mon humble version ici). Les habitants ne semblent pas s'en lasser.  Et je les comprends! Un cornet pour combler un petit creux, une belle assiette en antipasto,  à picorer à l'apéritif. Ils les servent avec de la crème frite (étonnant et indescriptible, imaginez de la crème pâtissière coupée en morceaux, roulée dans la panure puis cuite dans l'huile) et des lanières de courgettes frites. Certes, beaucoup de friture mais pour une fois, j'ai apprécié ces apéritifs, entre amis, arrosés de l'excellent vin rouge supérieur des Marche. Quelques bonnes adresses, piazza del Popolo: Meletti (pour prendre l'apéritif, goûter leur anisette ou déjeuner d'un plat de "campofilone al ragù", de fines pâtes coupées à "la chitarra"), Lorenz (pour ses cornets d'olives, les meilleures de la ville pour moi)...

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Les secousses ont été ressenties très fort ici à Ascoli. Heureusement, la ville et ses habitants n'ont subi aucun dommage. Ils s'en tirent avec quelques fissures et la peur de la "prossima volta". Depuis lundi, on ausculte chaque jour les bâtiments à risque, certains ont même dormi dans leur voiture suite aux répliques les plus puissantes. Selon nos amis, Alessia et Andrea, ils doivent leur salut à Sant' Emidio, saint patron de la cité qui protège Ascoli Piceno des tremblements de terre depuis le IVe siècle... Déjà en 1703, Ascoli avait été "miraculeusement" épargnée par le séisme de grande ampleur qui avait gravement touché la ville de l'Aquila (3000 morts). Des Saints bienveillants plutôt qu'une Eglise obscurantiste, des lois humaines plutôt que l'ambition électoraliste de politiques populistes. Oui, j'aurais envie d'y croire. Si l'homme n'est qu'impuissant lorsque surviennent ces catastrophes naturelles, il n'a rien d'innocent quand il construit en toute conscience des édifices (simples habitations mais aussi maison des étudiants ou hôpital...) qui ne respectent pas les normes anti-sismiques, ignore les risques annoncés, préfère le profit facile à la responsabilité durable...

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Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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samedi 3 janvier 2009

Barcelone en décembre

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A deux pas de las Ramblas, des gourmands en tous genres s'adonnent au "paseo" de fin de journée entre les étals typiques du marché couvert de la Boqueria. On y croise toute la ville et même plus: des hommes en costume à peine sortis du bureau, de gentils couples main dans la main, des mamans héroïques harcelées par des enfants braillards, des petits vieux impayables, des ménagères pressées venues chercher un ingrédient de dernière minute pour le menu du soir, et des touristes, comme nous, bousculés et heureux. Les surprenants empilements de légumes et de fruits colorés, qui font la réputation de cette étape incontournable au centre de Barcelone ont laissé place aux champignons... aux fruits secs de saison...

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... et un peu plus loin, aux fruits exotiques. Des amoncèlements de chocolats fins, truffes, fruits confits et autres tentations sucrées s'exposent en toute indécence calorique... ...sous la surveillance de garde-chiourmes, si peu avenants qu'ils en ont perdu la tête sur ma photo. Pour leur défense, il faut dire que la foule de badauds alléchés, qui s'agglutine autour des stands, sort plus facilement son appareil photo que son porte-monnaie...

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La Boqueria sur la blogosphère: chez Marion, fan absolue de Barcelone (comme je te comprends à présent!) Sustainablefood, Les carnets de Marie, Millesabords, la cuisine de Soso

Meilleurs voeux! Buon anno 2009!

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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lundi 28 juillet 2008

Rencontres animalières

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(Cliquer sur les photos pour les agrandir)

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jeudi 17 juillet 2008

Donostia: Bajo el cielo, sobre la tierra

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"La obra es para mí contestación y pregunta" Eduardo Chillida

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dimanche 13 juillet 2008

Eguzkilore: la fleur porte-bonheur du pays basque

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Une légende du pays basque raconte qu'il y a des milliers et des milliers d'années, quand les hommes commencèrent à peupler la terre, il n'existait ni soleil, ni lune. Ils vivaient alors dans une obscurité sans fin, soumis aux attaques continuelles de mauvais esprits venus des entrailles du monde sous la forme de taureaux de feu, de chevaux ailés ou de dragons énormes. Désespérés, ils décidèrent de demander de l'aide à la Terre.

- Amalur, mère Terre, nous t'implorons de nous protéger des dangers qui nous menacent à chaque instant...

Au début, la Terre ne leur prêta pas attention. Mais les hommes insistèrent tellement qu'à la fin, elle leur répondit:

- Fils, vous réclamez ma protection. Je vous l'accorde. Pour vous, je vais créer un être lumineux que je nommerai Lune.

Et la Terre créa la Lune.

D'abord, les hommes terrifiés par l'astre éclatant continuèrent à se terrer dans leurs grottes sans oser sortir. Petit à petit, ils s'habituèrent à sa clarté et profitèrent de ce répit. Car tout comme les humains, les méchants esprits avaient commencé par craindre la grande masse lumineuse dans le ciel. Hélas, ils ne tardèrent pas à s'aventurer hors de leur repaire pour tourmenter à nouveau les hommes. 

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Les hommes vinrent trouver la Terre, encore une fois.

- Amalur, nous te sommes très reconnaissants de ce cadeau magnifique. Mais la Lune ne suffit pas à écarter de nous la malice des esprits qui nous poursuivent sans relâche.

- D'accord. Pour vous, je vais créer un être encore plus lumineux que je nommerai Soleil. Le Soleil sera le jour, et la Lune la nuit.

Et la Terre créa le Soleil.

Il était si grand, si puissant, si chaud que des plantes aux couleurs vives et des arbres fruitiers surgirent du sol. Et surtout, les esprits malins ne réussirent pas à s'adapter à la clarté du jour. Hélas, ils attendirent patiemment le retour de la nuit pour attaquer à nouveau les humains qui se croyaient enfin à l'abri. 

Les hommes sollicitèrent la bienveillante Terre, encore une fois.

- Amalur, nous te sommes très reconnaissants de nous avoir offert la Lune et le Soleil mais nous avons besoin d'autre chose pour nous préserver, la nuit, contre les assauts des mauvais esprits.

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La Terre répondit :

- C'est entendu. Pour vous, je vais créer une fleur si belle qu'en la voyant, les êtres de la nuit penseront que c'est le Soleil lui-même.

Et la Terre créa la fleur Eguzkilore, la fleur du soleil. Aujourd'hui encore, en terre basque, elle protège les maisons des mauvais esprits, des génies, de la tempête et de l'adversité.

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Chardons sylvestres Eguzkilore sur les portes du village médiéval de Segura (Guipúzcoa), juillet 2008

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés

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