ma dolce vita

Gastronomie, histoires, etc. entre Parigi et Roma Blog de cuisine italienne, recettes d'Italie, pâtes fraîches, ravioli, tortellini et pizza!

vendredi 15 février 2008

D'amour, de poivre et de bucatini: la pasta cacio e pepe

La première fois que j'ai vu le ragazzo, j'avais eu la très mauvaise idée de commander des bucatini all'amatriciana. Innocente encore, au tout début de mes aventures romaines, je ne connaissais pas très bien les différentes formes de pasta et je n'avais pas du tout envisagé la difficulté technique qui consiste à manger des pâtes longues, super al-dente - d'autant plus que dans ce petit resto d'un charmant bourg du Lazio, ça ne rigolait pas avec la cuisson des pâtes - tout en gardant sa dignité. Oui, sa dignité. Quand un musicien plutôt attrayant vous fixe avec de grands yeux malicieux tandis que vous tentez d'engloutir vos bucatini durissimes de 3 mètres de long (au moins) tout en faisant la conversation, alors que vous ne maitrisez (à l'époque) que 5 mots d'italien (et encore, mixés et remixés sans honte avec de l'espagnol et du latin). Un grand moment de séduction? Un échange parfaitement surréaliste! Je me disais: il va penser qu'en bonne française, je ne suis pas capable de manger correctement un plat de pâtes. Je crois qu'il s'attendait à ce que je capitule et les coupe sauvagement au couteau à steak. Et bien, non. Certes, je l'avoue, j'ai abdiqué. Mais de façon différente. Prétextant que je n'avais plus faim, je lui ai refilé mon assiette. Oui. Certainement très inconvenant dans un restaurant étoilé, complètement évident dans une gargotte de pays, sur une terrasse au bord d'un lac, au mois de juillet.

cacio_e_pepe1

Tout ça pour vous parler non pas de bucatini (même si ma photo dit le contraire!) mais de spaghetti cacio e pepe. Ce plat typiquement romain se fait plutôt en effet avec des spaghetti mais les pâtes longues s'y prêtent bien en général. Les Spaghetti Cacio e Pepe (fromage et poivre) figurent toujours à la carte des trattorie. Attention de ne pas jeter toute l'eau de cuisson comme vous en avez l'habitude: il est indispensable d'en conserver pour obtenir cette "sauce" onctueuse qui contraste avec le goût du poivre, qui, pour ceux qui l'aiment, est mis en valeur comme rarement dans cette recette. Pour préparer ce primo piatto aux ingrédients simples, il y a plusieurs "écoles"... Un vrai travail de Romain!

Spaghetti cacio e pepe

Pour 4 personnes:

400g de spaghetti
150g environ de pecorino romano ou à défaut de grana padano ou encore de parmiggiano reggiano râpé
poivre noir
sel

2 techniques:

- Cuire les pâtes dans un grand volume d'eau salée. Egoutter les spaghetti en prenant soin de conserver l'eau. Mettre le fromage dans un saladier, ajouter les spaghetti, mélanger rapidement et lier avec une petite louche d'eau de cuisson. Poivrer et servir immédiatement.

- Cuire les pâtes dans un grand volume d'eau salée. Arrêter la cuisson 2 minutes avant la fin du temps indiqué sur le paquet. Egoutter les spaghetti en prenant soin de conserver l'eau. Mettre les pâtes dans une sauteuse, mélanger rapidement avec le pecorino et laisser cuire 2 minutes à feu doux en ajoutant progressivement de l'eau de cuisson. Poivrer et servir immédiatement.

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés ©

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samedi 2 février 2008

Ravioli al radicchio e taleggio (à la trévise et au taleggio)

Depuis la dernière coupe du Monde et un hérétique coup de tête qui faillit m'ôter tout désir de rapprochement franco-italien, j'ai pu observer une relative accalmie dans mon statut parfois délicat de francesina (petite française) qui m'oblige (trop souvent à mon goût) à donner mon avis d'"experte" francese aux italiens que je fréquente à Rome. Je me retrouve sollicitée sur à peu près tout ce qui concerne la France, de la couleur des toitures à l'humeur détestable des Parisiens, sur des sujets qui sont: 1) désagréables et/ou potentiellement délicats (exemple: "ton" Zidane c'est un malade mental!")  2) dont je n'ai rien à faire et sur lesquels je n'ai aucun avis (exemple: le foot, la coupe du Monde, le foot, le Championnat d'Europe, le foot, capito?). Je goûtais donc cette douce quiétude, qui commençait à sacrément ressembler à "la dolce vita des conversations qui ne finissent pas en engueulade" quand survint... vous savez quoi:

carlasarkoshow

Je sentis l'effervescence monter et je m'inquiétais progressivement de la tournure que prenaient les événements. Les couvertures des magazines fleurirent de lunettes griffées et de bagues de la marque D. En France comme en Italie, les ragôts enflèrent jusqu'à la crise de goutte. Et puis il fut question d'un engagement plus sérieux qu'une simple amourette de vacances en jet privé et dépenses pharaonesques. Après le coup du rastacouère, il n'allait quand même pas faire ça... Et bien, si, il l'a fait. Carla Bruni nouvelle première dame de France. Pour vous donner une idée de la façon dont les Italiens voient Carla Bruni (comme une italienne qui vit depuis très très longtemps en France et trouve les Italiens "vulgaires"), voici une courte imitation caustique signée Fiorello, sorte d'imitateur officiel de "la Bruni" (comme on dirait "la Bellucci" ou "la Loren") qui se moquait de la nouvelle "reine de France", de son accent français avec ses "RRRR" très marqués, il y a une dizaine de jours... PS: Quelques éléments de compréhension sans tout traduire: lorsque "la Carla"-Fiorello fait son entrée, elle dit "bang bang", en raison d'une campagne de publicité pour une marque de voitures italiennes largement diffusée ici (en France, je n'ai vu que la version magazine, jamais le spot télé). Carla-Fiorello explique que Sarko a un "grand cul" (= il a de la chance!) d'être avec une "belle" comme elle.

Je dirai qu'il ne manque plus qu'une chose pour que mes dîners romains virent définitivement au tragique : que Berlusconi parvienne à prendre la tête du gouvernement... Au secours!
En attendant, parce que ça fait très longtemps que je ne vous ai pas proposé une recette de pâtes fraîches, voici des ravioli à la trévise et au taleggio. Vous trouverez assez facilement en France cette chicorée de couleur rouge que les Italiens mangent cuite (alors que nous la préférons en salade). Le taleggio est un fromage au lait de vache produit dans plusieurs régions du nord du pays. Vous pouvez le remplacer par du maroilles car son goût et sa texture s'en rapprochent.

ravioli

Pour 4 personnes

200g de farine
2 oeufs
500g de radicchio (trévise)
180g de taleggio (ou de maroilles)
1 échalote
50g de pignons de pin
sel
poivre huile d'olive
beurre
parmesan

Pour en savoir plus sur les pâtes fraîches, allez faire un tour dans les limbes de ce blog: ici (clic). Préparez l'impasto (la pâte) en mélangeant la farine avec les oeufs jusqu'à obtenir une boule de pâte dense et non collante. Ajoutez si besoin un peu d'eau ou de la farine. Couvrez-la de film plastique et réservez-la au frais. Lavez le radicchio, ôtez les feuilles abimées et les parties blanches dures. Emincez-le finement. Coupez l'échalote en petits dés et faites-la revenir dans une sauteuse avec une cuillère à soupe d'huile d'olive. Ajoutez le radicchio, salez, poivrez et laissez cuire à feu doux environ 25 minutes. Il doit être fondant. Vous remarquerez d'ailleurs qu'il perd sa jolie couleur! Etalez la pâte à l'aide d'un laminoir (regardez ici). Vous obtenez normalement 4 à 5 longues bandes de pâte. Coupez le taleggio en dés. Disposez à espace régulier des petits tas composés d'une petite cuillère de radicchio et d'un morceau de taleggio. Repliez la pâte sur elle-même et à l'aide d'un emporte-pièce ou d'une roulette à pâtisserie, coupez vos ravioli (regardez ici : mon dieu, farfouiller dans les archives d'un blog, c'est comme regarder un film des années 80!!!). Faites cuire vos ravioli environ 5 minutes dans une grande quantité d'eau salée (cela dépend de l'épaisseur de votre pâte!).  Dans une sauteuse, faites torréfier les pignons. Ajoutez un bon morceau de beurre, laissez-le fondre à feu doux puis mettez les ravioli dans la sauteuse. Remuez bien. Servez chaud avec un peu de parmesan râpé.

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dimanche 27 janvier 2008

Mini carnet d'adresses à Edimbourg

Janvier n'est pas encore fini, je peux donc vous souhaiter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année! Et en cadeau, pour en terminer avec les voyages des vacances de Noël, voici quelques adresses et des idées de petits achats à ramener d'Edimbourg.

bankhotel

Un hôtel où nous avons été très bien reçu:
Bank Hotel
Royal Mile 1 South Bridge

Chaque chambre est décorée et aménagée d'après un Ecossais célèbre. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une ancienne banque transformée en hôtel. L'hôtel est très bien situé dans le centre de la ville, nous avons pu tout visiter à pied. Le rez-de-chaussée accueille un pub, où il y a toujours du monde. D'ailleurs, nous avons remarqué dans tous les pubs que nous avons fréquenté, qu'ils sont noirs de monde dès les 15h-16h)
Et puis, une petite remarque: j'apprécie toujours en Grande-Bretagne le fait d'avoir à disposition dans la chambre, une bouilloire avec des sachets de thé, du Nescafé, et des biscuits : le teatime, c'est sacré!

Quelques pubs où manger, boire de la très bonne bière écossaise brune (ale), rencontrer des gens (y compris un cuisinier napolitain en pleine préparation de haggis!):

pub

Deacon Brodie's tavern
435 Lawnmarket
tlj 10h-minuit

The last Drop
74-78 Grassmarket

The World's end
4 High Street

Et on goûte quoi?
Le haggis (une sorte de hachis à base d'abats, de viandes, de farine d'avoine, d'oignons et dépices: le plat "national" écossais!), le boeuf Aberdeen Angus, le mouton des Highlands, le poisson fumé, les produits de la mer, les crustacés... et puis surtout un vrai petit déjeuner à l'Ecossaise: saucisses, oeufs, bacon, scones de pommes de terre, black pudding (du boudin noir, oui, oui), et parfois du porridge (très populaire en Ecosse), des galettes d'avoine et du hareng fumé. C'est gras certes, voire très très gras mais expérimenter la cuisine locale fait partie de la visite d'un pays, non?

Un restaurant à ne pas manquer:
The witchery by the castle
Castehill

Boire un chocolat chaud décadent:
Chocolate Soup
2 Hunter Square

Pour les inconditionnels d'Harry Potter:
Le café où JK Rowling écrivit, dit-on, les toutes premières pages de son succès mondial.
The Elephant House
21 George IV Bridge

Que ramener d'un (court) séjour à Edimbourg?

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Des fudges, de tendres friandises à base de sucre, lait et beurre que vous trouverez facilement dans les boutiques du Royal Mile. Mais voici aussi une très très bonne adresse pour goûter des fudges artisanaux (absolument délicieux):
The fudge House of Edinburgh

197 Canongate
Tlj 10h-17h30 (19h en été)
Dim 11h-17h30

Et puis aussi bien entendu des shortbreads : on craque facilement pour les boites métalliques décorées, 100% scottish style.

shoppingedimbourg4

"The ultimate question": Ramène-t-on du whisky?
Non, car on trouve les grandes marques de. whisky écossais moins cher en France. Par contre, on peut quand même s'offrir quelques fioles de whisky artisanal ou de confection plus rare.

Demijohn
32 Victoria St
Lun-Sam: 10h-18h
Dim: 12h30-17h

Cadenhead's
172 Canongate
Lun-Sam: 10h30-17h30
Ouvert le dimanche en été

Achats gourmands du terroir écossais:

Le roi de la saucisse! à goûter les spécialités à la bière d'Edimbourg ou au whisky...
Crombie's

97-101 Broughtons St
Lun-Sam 8h-17h30
Dim 8h-17h

Du fromage écossais? le Brucklay, le Isle of Mull (un cheddar) ou le Isle of Orkney...
IJ Mellis Cheesemonger
30a Victoria St
Lun-Sam 10h-18h
Dim 12h-17h

Pour info: Il y a aussi un marché au pied du château le samedi matin.

Pour changer de la bière, vous pouvez aussi goûter le "irn bru" une boisson gazeuse non identifiée dont les jeunes Ecossais raffolent... une alternative au coca pour ceux qui aiment ça. (moi pas trop)

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Dans la catégorie non culinaire mais toujours 100% Ecossais, il faut ramener... des textiles! du tartan évidemment, du cashmere pour les dames s'il vous plait, il est superbe en Ecosse.

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Ness revisite le style écossais avec des couleurs toniques et des coupes modernes. J'aime bien!
Ness
367 High Street
336 Lawnmarket
Tlj 10h-18h

Pour la panoplie complète des Highlands et des souvenirs écossais pur jus, acheter une veste à broche ou un kilt pour les moins frileux... (je n'ai pas réussi à convaincre le ragazzo!):
Romanes and Paterson
(une  véritable institution depuis 1808! sur la plus grande artère commerçante de la ville)
62 Princes St
Lun-sam: 9h-19h
Dimanche 10h-19h

Bill Baber (des pulls fabriqués par un artisan)
66 Grassmarket
Tlj 9h-17h30

Au supermarché, j'en profite aussi pour acheter quelques produits britanniques...

shoppingedimbourg1

Du thé, un christmas pudding, de la moutarde en poudre, des bricoles diverses et variées, des bétises qui font plaisir et remplissent les placards d'un superflu absolument indispensable, comme vous l'imaginez...

Nota bene: Gardez à l'esprit si vous voyagez en avion que les liquides et les textures "pâteuses" sont interdites dans les bagages à main. La contenance maximale des liquides autorisés en cabine ne doivent pas dépasser 100ml. Si vous achetez une bouteille, du fromage ou autre aliment "problématique", mettez-les dans vos bagages enregistrés en soute. Lisez ici les règles de sécurité dans le détail (clic). Je me souviens de la période de Noël l'an dernier, alors que ces mesures venaient d'entrer en vigueur: dans l'aéroport français où j'ai mes habitudes, certains voyageurs pleuraient de devoir abandonner leurs camemberts et autres frometons tricolores, quand d'autres entraient en furie d'être obligé d'enregistrer un bagage supplémentaire à cause d'une petite conserve de foie gras qui n'était pas réglementaire non plus!

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jeudi 27 décembre 2007

D'Ecosse à Paris, bon et mauvais esprits de fêtes

peggy

Journal de bord: des nouvelles du front

Bon ou mauvais esprit? Mauvais lorsque j'ai déserté cet espace si longtemps alors que j'étais animée de si bonnes intentions. Il y a dans mes placards, des morceaux de billets jamais publiés, alors que se poursuit la marinade de mon second rebrousse-blog auquel vous n'échapperez pas, même si à force de prendre du goût, il risque d'être drôlement faisandé.

Le jour où j'ai cherché du lait de chamelle au Monop'

Je me suis retrouvée agitée de soubresauts de mauvais esprit caractérisé alors que tout le monde trinquait déjà, à l'approche du réveillon. J'ai noirci rageusement des lignes de brouillon en inventant des recettes totalement incorrectes et certainement inappropriées à base de dattes et de lait de chamelle, puisque le couscous aux légumes avait déjà été servi au dîner officiel de l'Elysée en l'honneur d'un certain rastacouère. Cette visite avait en effet occasionné des allergies cutanées à ma conscience démocratique. Les images hallucinantes retransmises au journal télévisé cette semaine-là m'ont donné envie de me goinfrer de petit salé aux lentilles: ça vous réchauffe l'humaniste bédouin le plus douillet, même sous la tente, ça reste commode à manger, et ça pourrait même plaire aux chamelles de sa suite, pardon, aux amazones en treillis qui assurent sa protection.

Le jour où j'ai gonflé, gonflé avec des questions drôlement bardées

Et puis, comme je ne cuisine ("étrangement" si j'ose dire, au regard des phénomènes observés depuis presque deux mois sur la culinosphère) des plats de fêtes que les jours de fêtes, que je n'ai pas le temps, ni l'estomac, ni même l'envie de faire des essais et de commencer les agapes avant les dates consacrées des festivités gourmandes, pardonnez-moi de ne point vous avoir nourri de bûches "je t'en mets plein la vue avec ma crème au beurre de soja sans lait", de foie gras "fait maison d'après la recette du chef le plus en vue" ou de mets festifs épicés-fèvetonkatisées-pistachisés "je suis une vraie créative, éditeurs, éditeurs, découvrez mon talent et signez un livre avec moi!". L'ère de la diète sur Ma Dolce Vita a régné (comme souvent me direz-vous!) tandis que derrière le rideau, les cogitations allaient bon train. Alors que le jour J s'approchait, j'étais prise dans un dilemne du type: "Si je ne fais pas de bûche en dessert à ma famille, est-ce que c'est acceptable ou pas, hein? et si je n'aime pas gober les huitres à Noël et que le moindre carpaccio de coquille st jacques me fait tourner de l'oeil, serais-je condamnée aux flammes de l'enfer gastronomique hein? et si j'ai le projet fou, fou, fou de faire une dinde farcie sans poudre de fashionistude dedans, parce que mon ragazzo n'en a jamais mangé de dinde farcie, serais-je clouée au piloris culinaire, serais-je une culino-ringarde? hein?".

Le jour où je suis tombée dans la marmite du mauvais esprit de fêtes

Entre temps, à force de lire la culinosphère, j'ai développé un singulier syndrôme, j'ai eu l'idée d'un nouveau jeu! Je vous retranscris en substance cet éclair de génie qui a failli révolutionner pas mal de chose sur les blogs de cuisine et aurait pu faire de "ma dolce vita" un blog de qualité, enfin... hélas, il ne verra jamais le jour mais en voici un aperçu :

"Je viens d'avoir une idée, là tout de suite, depuis ma cuisine désordonnée, d'un nouveau jeu super qui va vous plaire: c'est le jeu du "dites-moi ce que vous faites là maintenant tout de suite". Le principe de ce JEU est très simple, vous allez voir ce que vous allez voir: faites un billet où vous dites ce que vous faites là maintenant tout de suite, avec un LIEN vers ce billet, MON billet, celui-ci quoi, (très important pour que je vous repère et fasse le récapitulatif), bon, ça ne compte pas pour dire ce que vous faites là maintenant tout de suite que vous écrivez un billet sur votre blog, ok? jouez le jeu sinon ça me ferait de la peine de vous disqualifier, de vous exclure. Et ce serait grave car vous ne pourriez pas gagner un superbe prix, remis avec délibération d'un jury de haut vol dont je garde encore la surprise quelques jours (mais vous ne serez pas déçus vous allez voir.) Ok, je vous le dis tout de suite, vous allez voir. Le prix donc pour le meilleur billet sera la queue du Mickey dédicacée par l'auteur en personne! Et ça je vous assure, faut pas passer à côté, en ces périodes de fêtes, ce serait dommage."

Le jour où j'ai enfin échappé au côté obscur de la force

Je suis partie en we à Edimbourg avec le ragazzo, juste avant Noël, pour en sentir l'atmosphère de fêtes et, surtout, soigner mon mauvais esprit qui, décidément, commençait à devenir gênant et risquait de m'attirer un sacré paquet d'ennuis. Alors, pour me faire pardonner de ce billet aux si vilaines pensées, voici quelques clichés d'Edimbourg et de son marché de Noël près de Princes Street.

march__de_No_l_Edimbourg
(cliquer pour agrandir)

Quelques images pêle-mêle pour découvrir cette ville absolument superbe, où nous avons été accueillis avec une infinie gentillesse et une grande lampée de sympathie au parfum de whisky. Ca donne envie d'y retourner aux beaux jours!

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(cliquer pour agrandir)

Une balade dans le Royal Mile de High Street jusqu'à Grassmarket...
Un pub sur le Grassmarket à ne pas manquer: The Last Drop
Un cimetière à la Tim Burton: Greyfriars Churchyard

Bonnes fêtes à tous!

Et pour finir une pensée très spéciale pour des bloggeurs qui me font aimer la culinosphère: tu es adorable, quel plaisir d'avoir reçu ce petit bout de ta cuisine sucrée, 1001 mercis et à prestissimo,
les recettes d'Alba ne sont pas les plus fiables, on va devoir récidiver!
grâce à toi super Pat, mes Saint Jacques ont été une réussite, grazie mille!

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mercredi 14 novembre 2007

Soufflé au parmesan et finocchietto selvatico pour Marion, kikiveukivienkuisiner édition n°22

Je ne participe pas (jamais) aux jeux de la culinosphère mais là, j'en ai eu envie, parce que Marion est Marion et le soufflé un souvenir d'enfance. Plutôt confus. Un soir d'hiver, peut-être, ma mère en fit un. Au chocolat je crois, mais je ne suis plus très sûre. Le temps d'arriver à table, il chuta (quel diable). Et mon père se moqua (l'ingrat!). Ma mère jura que plus jamais un soufflé ne serait mitonné dans sa cuisine. Et na! Jusqu'à aujourd'hui, elle a tenu parole...

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(cliquez sur la photo pour regarder le soufflé dégonflé dans les yeux...)

Dans mon four qu'ils étaient beaux mes petits soufflés au parmesan. Suivant les conseils de Marion, j'avais tout préparé pour immortaliser le gonflé de mon plus beau soufflé. Et puis ils ont drôlement "champignonné", atteint des sommets tordus. Résolue à relever le défi malgré le désastre annoncé, je n'allais quand même pas me dégonfler, moi. J'en ai choisi un et je l'ai sorti du four. Quelle audace. Il me l'a bien fait payer... Il s'effondrait, s'effondrait le vilain! du champignon, il lui poussa un drôle de nez, un pif de gnome barbouillé de parmesan. Il fallait agir. Alors avant qu'il ne disparaisse complètement, j'y ai précipité une cuillère et... miam!

De la recette de base du Larousse que vous trouverez chez Marion (clic), je n'ai modifié que deux choses: j'ai mis 100g de parmesan râpé à la place du comté, j'ai oublié la muscade et l'ai remplacée par du finocchietto selvatico. Je vous parlerai bientôt (un mot que je n'ose plus utiliser sur ce blog où mes "bientôt" ressemblent trop souvent à des "jamais) plus longuement de cette merveille herbacée (voilà presque un an que j'essaie de vous "raconter" ce finochietto...). A défaut de finocchietto, utilisez des graines de fenouil (de la même famille). L'association parmesan/fenouil fonctionne très bien!

PS: Pour ceux que ça intéresserait, le prochain Rebrousse-blog est presque prêt. Encore quelques jours de marinade!

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lundi 5 novembre 2007

Fusilli lunghi au potimarron et à la cannelle

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L'autre jour, sur la notice d'une crème de jour - horriblement chère, mais incroyablement efficace - que j'ai acquise (à prix d'or) à la boutique duty-free de l'aéroport que je fréquente décidément beaucoup trop (et ça ne se remarque que sur mon compte en banque d'ailleurs), j'ai lu ce paragraphe absolument épouvantable sur les rides: (AMES SENSIBLES S'ABSTENIR, PASSEZ PLUTOT A LA RECETTE): "Spécialiste de la physiologie de la ride, le centre d'innovation "BIPPP" a identifié un phénomène cellulaire précoce dans l'apparition des premières rides: une activité migratoire intense de plusieurs populations de cellules provoque une succession de micro-porosités dans la peau. Sous l'effet des attaques du temps, des cellules de défense appelées "Cellules sentinelles" quittent de manière importante l'épiderme tandis qu'une autre population de cellules infiltre la peau. Ce va-et-vient des cellules, semblable à un séisme cutané, fragilise les tissus, la peau perd en densité, entraîne la formation des premières rides." Grâce à la crème "BIPPP", ma peau serait "immunisée" contre l'invasion de cette immigration post-sismique tandis que mes sentinelles cellulaires se sont fait la malle, vers des peaux plus jeunes certainement, motivées par un démon de midi totalement épidermique! Je crois que si, un jour, je suis en panne d'écriture ou que je choisis de me détourner ad vitam aeternam de la politique, de la culture ou la gastronomie, je postulerai pour me reconvertir dans la rédaction de notices de crèmes de soin de luxe: en espérant sauver de la démence des milliers de femmes qui mettent le nez un jour ou l'autre dans ces explications foireuses qui tiennent plus de la guerre armée (dont la connotation sécuritaire me glace le sang) que du produit de beauté. Sans transition, je vous propose de manger de la courge pour fêter ça, ou plutôt du potimarron. 

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Pour 4 personnes

300g de fusilli lunghi
350g de potimarron épluché et coupé en petits dés
250g de chair à saucisse
50cl de lait
1/2 cuillère à café de cannelle
30g de beurre
sel
poivre blanc

Faire dorer quelques minutes les dés de potimarron avec le beurre dans une sauteuse. Baisser le feu, saler, poivrer et couvrir avec le lait. Laisser cuire environ 10 minutes à feu doux (le potimarron ne doit pas absorber tout le lait: c'est le lait réduit dans le potimarron qui "fait" la sauce, vous devez obtenir un jus onctueux). Dans une poêle antiadhésive, faire revenir la viande hâchée. Jeter l'excédent de graisse et réserver. Mettre à cuire les pâtes dans un grand volume d'eau salée. Egoutter. Ajouter la viande hâchée et les fusilli dans la sauteuse, mélanger délicatement. Saupoudrer de cannelle. Faire sauter les pâtes quelques minutes à feu vif. Server sans attendre avec éventuellement un peu de sauge fraîche (moi, je n'en trouve pas en ce moment!).

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dimanche 4 novembre 2007

Fondant au chocolat pour architecte de la Renaissance: la torta Barozzi

logo
(Source: http://www.tortabarozzi.it)

La dernière fois que j'ai parlé de chocolat ici, c'était pour vous raconter l'histoire de la Torta Caprese, et sa filiation plus ou moins avérée avec un certain Al Capone. Cette fois-ci, je vous propose de découvrir le gâteau Barozzi, dont la recette est aussi bien gardée que l'état de santé de Fidel Castro. A la fin du XIXe siècle, Eugenio Gollini créa un nouveau gâteau pour son Café-Pâtisserie du centre de Vignola, une petite ville près de Modène. Il nomma d'abord "gâteau noir" ce fondant au goût intense à base d'amandes, de chocolat et de café moulu. Il fut rebaptisé en 1907 du nom d'un architecte de la Renaissance, Jacopo Barozzi dit Le Vignola, dont la ville célébrait l'anniversaire: cet illustre citoyen y était né 4 siècles auparavant. La Torta Barozzi connut le succès et entra vite dans la légende pâtissière italienne. Puisqu'il faut une anecdote à toute création gourmande, on dit qu'Eugenio Gollini aimait imaginer des desserts à l'architecture complexe. Il cherchait peut-être l'inspiration dans les travaux de Barozzi, qui fut le grand architecte des Farnese: on lui doit en particulier l'église du Gesù à Rome et un ouvrage théorique extrêmement important La Règle des cinq ordres d'architecture. La Torta Barozzi, vendue dans des boîtes en carton rectangulaire, décorées de gravures, se conserverait près de 40 jours, et dit-on, surtout pas au réfrigérateur. Je ne vous conseille pas vraiment de tenter de faire pareil à la maison... 40 jours me semblent un peu longs, non? De toutes façons le gâteau est si bon que personne ne le laisserait traîner dans sa cuisine aussi longtemps, il sera dévoré bien avant de tester sa durée de conservation! On le coupe et le sert dans le papier aluminium qui l'entoure (allez voir sur le site ici la "démonstration" pour servir la torta) : quelques cubes pour le dessert ou le goûter. Fondant et plutôt friable et pas sec du tout, le résultat est vraiment bon, fort en goût, le café apporte sa touche et modère l'amande qui est plus discrète que dans la torta Caprese. A conseiller aux tifosi des gâteaux au chocolat sans farine. La recette originale est jalousement conservée dans le laboratoire de la pâtisserie de Vignola, alors en voici une imitation, pâle copie certainement puisque les Gollini ne cessent de marteler que la Torta Barozzi (marque déposée!) est INIMITABLE...

tortabarozzi

Gâteau type "Barozzi"

250g de chocolat à pâtisser
150g de sucre
80g de beurre
4 oeufs
100g d'amandes
4 cuillères à café de café moulu
2 cuillères à soupe de rhum (facultatif)
une pincée de sel

Faire fondre le chocolat au bain-marie avec le beurre coupé en petits morceaux. Torréfier les amandes dans une poêle antiadhésive. Laisser refroidir et mixer quelques minutes avec 3 cuillères à soupe de sucre afin d'obtenir une poudre fine. Séparer les blancs des jaunes d'oeufs. Travailler les jaunes avec le sucre restant jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter le chocolat fondu, la poudre d'amandes, le café moulu et le rhum si vous le souhaitez. Incorporer ensuite les blancs montés en neige au préalable avec une pincée de sel. Bien mélanger. Beurrer un moule rectangulaire (idéalement!) ou un moule à tarte (à défaut!), et y verser l'appareil. Cuire au four 40 minutes à 170°C, en couvrant le gâteau les 20 premières minutes avec un papier aluminium. Démouler sur un plat de service et attendre le lendemain pour le goûter! J'ai choisi de le servir dans un morceau de papier aluminium pour garder l'esprit de la recette originale mais ce n'est en rien, bien sûr, une obligation...

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dimanche 21 octobre 2007

J'aurais bien aimé vous parler de daurade aux raisins mais...

daurade

... mais je n'en ai plus du tout envie. Mais alors vraiment plus du tout. Pourtant la daurade farcie aux raisins, c'est une chouette recette. Mais là... en faisant ma petite revue de presse italienne, je suis tombée sur une nouvelle franchement hallucinante. Bien sûr, ici chez nous, dans la culinosphère, la liberté d'expression semble une denrée secondaire, le blog de cuisine n'étant pas le lieu le plus évident de l'expression civique. Certains en ricanent d'ailleurs facilement: le blog de cuisine c'est l'archétype du politiquement correct de la toile. Mais là... Le net italien connait un embrasement conséquent depuis quelques jours. Pourquoi? Parce que le gouvernement de Romano Prodi a entrepris de mettre en place une loi (oui mes amis une LOI) visant à obliger les auteurs de blogs et de sites personnels à s'enregistrer officiellement sur un registre de l'"Autorité des Communications" et, bien sûr en prime, à payer une taxe (du type de la vignette auto) pour avoir le droit de publier sur internet. C'est un peu compliqué à exposer dans le détail, le projet de loi (pour ceux qui parlent italien, clic) dont fait partie cette mesure compte 20 pages... Approuvé par le gouvernement le 12 octobre, il est maintenant entre les mains du Parlement où le texte sera discuté. Son instigateur, le sous-secrétaire à la Présidence du Conseil, Ricardo Franco Levi, se défend bien sûr de vouloir porter atteinte à la liberté des blogs. Il n'a jamais pensé contrôler l'adolescent qui écrit son journal intime sur internet. Mais alors pourquoi? Vous aurez quand même compris l'esprit: contrôler le contenu éditorial de l'internet. Raison avancée? "trop de diffamation sur la toile, c'est scandaleux!" Ah oui, c'est scandaleux, on est d'accord... Il faut dire que le trop-plein de liberté d'expression commence à irriter sacrément les sphères du pouvoir. Quel est le poil à gratter qui démange si fort les parlementaires italiens? Beppe Grillo. Cet humoriste est devenu un véritable phénomène de la blogosphère italienne.

grillo

Oui, c'est lui. Débarqué de la Rai à la fin des années 80 alors que ses émissions faisaient une satire du politique un peu trop poussée au goût du gouvernement de Bettino Craxi, il a continué de se produire sur scène, avec un succès immense et grandissant. Ses spectacles, uniques, indéfinissables signent son engagement citoyen virulent. Il y parle beaucoup d'environnement, d'écologie, n'hésite pas à dénoncer les scandales financiers comme politiques. Il y explique les effets pervers de la mondialisation, les dérives de la société de consommation. Depuis 2005, il a aussi créé son blog, qui attire aujourd'hui, près de 200 000 visiteurs chaque jour, jusqu'à 500 000 au mois de septembre lorsqu'il a organisé le 8, le V-Day, le Vaffanculo-day (est-il utile que je vous le traduise??). Oui, vous avez bien lu. 500 000 personnes par jour. Son site fait partie des 10 blogs les plus consultés au monde. Mais pourquoi ce drôle de trublion italien, ce chevelu agité au verbe haut, passionne-t-il les Italiens? Le personnage est contesté, bien entendu, certains l'accusent de démagogie, mais il fait surtout grincer des dents les députés qui le taxent d'anti-politique. On peut dire ce qu'on veut, sa voix est utile dans un pays où la liberté de la presse est constamment questionnée et la jeunesse complètement désintéressée de la politique, sans illusion, en proie au doute sur l'avenir du pays. Le V-Day a mobilisé des centaines de milliers de personnes sur plus de 200 places en Italie, qui sont venues signer la pétition de Grillo pour une loi populaire instituant un parlement propre. Il a ainsi recueilli 300 000 signatures en un seul jour. Il faut dire que 25 députés lourdement condamnés par la justice font toujours partie du parlement. Et ça, pour Grillo, ça ne passe pas! C'est ce qu'il est venu dire au Parlement européen en juin dernier où il a dénoncé l'état politique de son pays. Un aperçu du personnage?

 

Vous savez le plus drôle au sujet de cette vidéo? C'est un extrait de spectacle repris par une émission dédiée à l'impertinence, Striscia la notizia diffusée chaque soir sur l'une des chaînes de Berlusconi. Un show très populaire, excessif, animé par des comiques flanqués de deux filles légèrement vêtues. Et c'est là dont on parle de la censure dont est l'objet Grillo! Sur la Médiaset de "vous savez qui", celui que Grillo appelle le "Psycho-nain". L'Italie n'est pas à une contradiction prêt et c'est la raison pour laquelle je l'aime. A voir Grillo se démener en passant un message politique fort, postillonnant sur son public hilare, on comprend un peu plus de l'Italie actuelle, et l'on dépasse les clichés.

Ah oui, l'Italie de mon coeur. C'est un pays où il faut un permis pour cueillir les champignons, peut-être même, d'ici peu, pour ramasser les feuilles mortes dans les bois et les châtaignes, qui sait. C'est un pays où, un gouvernement dit "de gauche" s'efforce de mettre le nez dans le réseau des blogs, vous savez ces gens du peuple qui utilisent l'internet pour s'exprimer et diffuser des informations, une forme d'investigation que les médias traditionnels ne peuvent plus se permettre. Ne croyez pas que nous soyons, ici, en France, les mieux placés pour donner des leçons à ce niveau: quand on voit que la première grève sérieuse depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, a été complètement éclipsée par les déboires conjugaux de ce dernier, dont tous les journaux, des quotidiens aux hebdos ont fait des gorges chaudes. S'ennuie-t-on à ce point dans ce pays qu'on doive guetter les secrets d'alcôves de ceux qui président à notre destinée pour nous réveiller de la léthargie? Alors oui, je devrais vous parler de daurade aux raisins. Oui, vraiment.

Posté par peggypicot à 11:09 - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 4 octobre 2007

A rebrousse-blog numéro 1

Depuis plusieurs mois, les polémiques enflent, en même temps que la culinosphère s'étend. Personnellement, ça me fatigue, rien de très neuf, la querelle des anciens et des nouveaux, les concours à gogo, les discours moralisateurs, ceux qui se plaignent, ceux qui font semblant de rien mais participent quand même, les clans des "vieux" et les tactiques des "jeunes", les plagiats, la mauvaise foi, les susceptibilités hystériques, les insultes ouvertes ou déguisées, les jalousies, les succès orgueilleux, les échecs amers. Basta! Une hérésie. Tout ce mauvais esprit m'épuise (voir ici mon 7/7/7 pour ceux qui auraient manqué le premier épisode de mes élucubrations) et me met la libido blogosphérienne à zéro, et ça, c'est grave, mes chers amis, parce que c'est quand même un vrai bonheur de pouvoir communiquer librement à un grand nombre de personnes des idées qui vous tiennent à coeur. C'est une chance... Je suis très prise par mon travail depuis juillet, j'ai perdu ma connexion internet un long moment, mais j'ai toujours consacré un peu de temps à la culinosphère et jeté un oeil sur ce petit monde, excessivement clos, auquel j'appartiens d'une certaine façon. Avant d'avoir un blog, je ne commentais jamais. Je ne laissais aucune trace de mon passage, comme la majeure partie des lecteurs. Pourquoi? Je ne sais pas vraiment. Comme si on n'osait pas interrompre le cours d'un spectacle dont on n'est pas l'acteur, mais auquel on assiste. Vous allez peut-être vous rendre compte que je lis nombre de blogs que je ne commente jamais!

Pour faire court, j'ai décidé de publier ma "petite revue de blog" personnelle. Je n'ai aucune prétention à faire dans l'exhaustivité, ni dans l'impartialité. Ce n'est ni de la pub, ni de la promotion, ni du copinage, ni de la critique. Je rappelle, à titre d'information, que chaque auteur de blog est parfaitement libre (et responsable) du contenu "éditorial" de son site. La vie d'un blog, pour moi, ce sont les lecteurs qui l'insufflent en le consultant, comme une oeuvre d'art dont la beauté se crée dans l'oeil de celui qui la contemple. Alors, j'ai eu envie d'écrire: voilà ce que j'ai vu, ce que j'ai observé, ce qui s'est passé à ma connaissance. Sans ambition particulière, ni volonté de construire des annales culinosphériennes. Ce n'est pas parce qu'un blog est une fenêtre personnelle sur son propre univers, qu'on est tenu de s'y limiter. Sans oublier que l'on peut être sportif sans apprécier la compétition. Pour le plaisir de partager et d'en parler. A ce propos, j'en profite pour inviter tous ceux qui ont envie d'échanger des infos sur les blogs, la cuisine, etc. à me contacter, ici ou par e-mail. Je suis évidemment preneuse d'informations en tous genres. Ce premier "numéro" est une ébauche, compte-tenu du temps dont je dispose (très limité). Mais j'avais envie de le lancer maintenant...

banrebrousseblog

Bienvenue à Rebrousse-blog. Ce premier numéro est légèrement à "cheval" sur l'été. Maintenant que nous sommes vraiment entrés dans l'automne, cela ne fait pas de mal, non? 

- Des livres, des livres et des livres! la rentrée littéraire c'est aussi en cuisine!


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La tendance est double: le bloggeur qui devient auteur culinaire, l'auteur culinaire qui ouvre un blog.

Dans la première catégorie, beaucoup de nouveautés (et d'autres vont suivre dans les mois qui viennent), l'"invasion" en librairie des bloggeuses (à ma connaissance, pour l'instant, aucun représentant masculin) s'affirme cette année, plus que jamais. Dans le désordre: Cléa poursuit son superbe travail sur l'alimentation naturelle et gourmande (on devrait déclarer ça d'utilité culinaire publique!) en publiant "Quinoa" aux éditions La Plage, après le succès de "Agar-Agar", un nouveau livre pour découvrir un produit assez mal connu en France; Samania après un bouquin particulièrement original sur les yaourts récidive avec un joli livre sur le pain "Pains et viennoiseries" chez Tana; Sylvie d'Amuses-bouche réussit une reconversion professionnelle méritée (photos superbes et un très grand sérieux dans les recettes proposées) avec 3 livres "Macarons", "La Machine à pain" et "Cuillères salées et sucrées" chez Euro Service, Cuisine Conviviale, d'autres publications vont suivre sur les verrines, un bémol pour l'éditeur: ce serait quand même plus sympa de mettre le nom de l'auteur sur la couverture, non?; Super Mercotte publie un indispensable bouquin pour épater ses invités avec "30 desserts créatifs pour toutes les occasions" chez Creapassion, Square des Loisirs, et ce n'est que le début!;la belge Sigrid revisite la cuisine italienne dans "C'est italien ça?" aux éditions Tana; Marie-Laure d'Odélices continue son bonhomme de chemin avec deux nouveaux petits livres chez Mango "pain chô" et "chôcolat".

Dans la catégorie des auteurs culinaires, Nathalie Valmary avait partagé avec les internautes le making-off de ce livre, il est maintenant partout, en librairie et sur les blogs, "Mes 100 recettes Citron" chez Minerva; la pétillante Johanna Kaufmann publie chez Flammarion  "Cuisine un peu si tu l'oses..." un titre qui reflète bien sa personnalité!

A suivre le mois prochain: "Courgettes et chocolat" de Clotilde, la version française de "Chocolate and Zucchini", ça vous parle davantage? ça sort le 17 octobre! EDIT: super Estérelle m'indique que le livre est reporté (voir commentaires)! Ne vous fiez donc pas aux informations d'amazon.fr...

- Les livres stars de la culinosphère

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La culinosphère se passionne ponctuellement pour des chefs et auteurs culinaire et célèbre ses idoles de manière répétée, une fois l'épidémie amorcée. Si Laurence Salomon est toujours la grande favorite, Rose Backery a fait une entrée fracassante dans une catégorie très différente. Il est amusant de voir l'éclectisme sur les blogs. Un jour, on prône le bio, le sain et bon à la fois. Mais le lendemain, puisque nous ne sommes que des humains, on tombe en pâmoison devant les délices d'une anglaise qui a tout compris à la gourmandise... Vive la diversité!

- Parce que la culinosphère se construit beaucoup grâce aux caractères des êtres qui s'y expriment: les coups de gueule du mois ou comment résister à la bien-pensance culino-blogosphérienne

Fred a fermé ses commentaires, moi j'ai trouvé ça fort (aussi bien que chez Apathie qui fait enfin modérer les siens, il faut dire que j'ai rarement vu des commentaires aussi orduriers, et de bas niveau sur un blog consacré à la politique) Tout est expliqué .

Un fier breton a publié un billet particulièrement réussi sur les commentaires... C'est dommage que les blogs de cuisine soient essentiellement commentés par d'autres bloggeurs de cuisine. Lecteurs qui n'avez pas de blogs, manifestez-vous! écrivez, envoyez des emails! Je ne pense pas que la majorité des bloggeurs écrivent pour d'autres bloggeurs, ils le font pour communiquer à d'autres.

- Les opérations marketing du mois!

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Les marques ont très bien compris l'impact et l'intérêt des blogs pour diffuser à moindre frais et de manière importante leurs produits sur le net. La plupart des bloggeurs sont très sollicités, et de plus en plus, pour des projets et des produits très variables.

L'offensive Chinon Rosé

Dans les gosiers de la culinosphère cet été, on a beaucoup fait couler de Chinon Rosé. En guise de commentaire, voici un bon dicton des campagnes comme ça, en passant, ça ne fait pas de mal:  "Vins de septembre font les femmes s'étendre" et les hommes aussi! nombreux sont ceux qui ont répondu à la proposition viticolement chinoniesque de Guillaume. Que je cite: "En septembre, le syndicat des vins de Chinon choisira les articles les plus intéressants et désignera un gagnant parmi les 100 blogueurs partenaires et un gagnant parmi les internautes ayant publié un article sur ce blog. Les gagnants remporteront 1 week-end à Chinon pour 2 personnes en demi-pension (valeur commerciale 500 €) lors du week-end des 22 et 23 septembre 2007." Je n'ai pas trouvé l'information: qui a gagné? que le bloggeur lève la main, s'il vous plait! 

Autre procédé, beau succès, la leçon de pâte à choux

Une bonne idée pour parler d'un livre (issu d'une collection sérieuse et bien faite): l'envoyer à des bloggeurs motivés qui expérimentent en échange la technique expliquée dans le bouquin. La pâte à choux effraie souvent, beaucoup ont réalisé pour la première fois ces petits délices. Du marketing pédagogique?

- Le concours du mois

Trop de concours tue le concours. Et puis, c'est quoi cette obsession du défi? du jeu? Le KKVKVK 21ème édition (ça va rattraper sous peu le festival de Cannes!) a été organisé par Tit'. Le thème inspiré par Marion renoue avec l'esprit originel du jeu. Le sujet était compliqué à décliner, ce ne fut pas cette fois-ci la plus belle photo ou la recette la plus originale qui fut mise en avant. La difficulté de réalisation du kouign amann justifiant à elle seule l'organisation d'un défi: avec soi-même. Bravo à la gagnante, l'une des plus sympas de la culinosphère.

- Coup de coeur

C'est déjà octobre mais il est bon d'en parler, reparler et re-reparler... Téléchargez gratuitement et pour la bonne cause, les recettes roses de la chaîne de solidarité initiée par Sophie Kune et Réquia.

Voila tout pour le moment, d'autres rubriques sont en préparation! à suivre!

Posté par peggypicot à 20:30 - Commentaires [60] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 26 septembre 2007

Girolles à l'huile d'olive et mandarine: Monop' power inside...

Que faire quand on n'a pas le temps, pour rien du tout, et pour personne, qu'on rentre tard, qu'on est clairement débordée par le boulot (qu'on adore mais bon, y a pas que le boulot dans la vie, et les catacombes non plus, hein?), qu'au milieu des cartons de la cuisine à la cave, en passant par la salle de bain on ne trouve plus rien (d'où l'obligation de racheter des ustensiles de première nécessité, du type ouvre-boite. Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours l'ouvre-boite qui disparait de la circulation en premier. Pour tous les éléments précédement cités, un ouvre boite qui disparait, c'est un drame humain en période de déménagement), qu'on n'est même plus énervée en appelant le service client de Free qui a (dans l'ordre) oublié votre dossier en plein mois d'août/inversé votre ligne avec un total inconnu/vous envoie des mails étranges au moment où vous vous y attendez le moins, qu'un peintre chevelu militant investit votre appartement plein de cartons pour le repeindre intégralement dans une couleur qui ne vous plait même pas (mais vous vous y habituez parce que vous avez l'âme décoratrice), qu'on trouve des gens toujours de plus en plus intolérants et de moins en moins intelligents sur son parcours, qu'il y a trop de "on" et pas assez de "nous", et puis que ce serait bien de diner avec son amoureux italien, hein? je vous le demande?

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Voici une non-recette en 2 ingrédients dont un que l'on pourrait considérer comme promotionnel, certes, mais qui n'est pas sponsorisé (rien ne m'a été offert, j'ai un Monoprix à côté de chez moi, et je les remercie d'ouvrir jusqu'à 21h30, ils me sauvent la vie de nombreux soirs de retours difficiles...) Je l'ai réalisée, il y a presque 3 semaines. Ce n'est pas du frais, je vous l'accorde! Mais bon, puisqu'ici, depuis ma tarte aux mirabelles de l'autre jour, vous entrez dans un autre espace-temps, mon retard ne vous étonnera pas... Les girolles sont les seuls champignons que j'apprécie vraiment. Je les éloigne de l'ail autant que possible. Et du persil aussi. Lorsque j'étais enfant, j'adorais les chercher en forêt avec mon père. Les sorties "champignon" me plaisaient encore plus que les sorties "châtaigne", et j'ai gardé l'idée en mémoire que j'étais drôlement douée pour les dénicher. Vrai ou pas? qui sait... Je me souviens d'une cueillette "miraculeuse" en Ardèche, où nous avions trouvé un "tapis" de girolles presque "féérique". Aller aux champignons me manque. Quand je pense qu'en Italie, il faut un permis (comme pour la chasse) pour les cueillir, la consternation m'étreint.

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Idée pour utiliser l'huile d'olive à la mandarine Monoprix ou un diner express qui n'est pas bâclé.
Les huiles d'olive aux agrumes sont une merveille, celles-ci en particulier. Ce n'est pas une huile chimiquement modifiée, une invention de l'industrie agro-alimentaire pour bobo en mal de sensations méditerranéennes, mais bien une recette traditionnelle, que l'on trouve aussi en Italie. Mais n'allez pas croire que la petite huile Monoprix ait à rougir de son label "grande distribution". Elle ne démérite pas au niveau gustatif (toute proportion gardée) et selon moi, elle écoule les surplus agricoles, vive l'Europe. J'arrête mes discours obscurs et économiquement peut-être complètement inexacts. A peu de frais, cette huile bouleverse une salade verte, ranime des endives braisées, encanaille les fromages les plus tendres, comme la mozzarella ou même la ricotta.
Avec des girolles, elle associe l'idée même de leurs couleurs (l'huile n'est pas vraiment orange... ce qui est plutôt bon signe!).
Cuire vos girolles, saler et ajouter l'huile à cru, au moment de déguster.

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés ©

Posté par peggypicot à 15:46 - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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