mardi 30 juin 2009
Destin d'un pigeon sur la piazza San Marco


Je me demande si tous ces gens qui se réjouissent d'être couverts par des nuées de pigeons, qui ne sont rien d'autre que les rats des airs, apprécieraient autant de poser avec deux ou trois rongeurs des égoûts sur les épaules... A Venise, depuis l'an dernier, il est interdit de nourrir les fameux pigeons de la piazza San Marco: les camelots qui faisaient commerce de la vente de graines ont disparus mais demeurent quelques photographes malins et bien outillés (avec une imprimante dans leur carriole) pour vous immortaliser avec un oiseau sur la couenne. Drôlement doués pour entendre le froissement d'un emballage de biscuits qu'un badaud sort innocemment de son sac pour le goûter de l'autre côté de la place, les pigeons sont toujours là. Mais un matin, de très bonne heure, bien avant l'invasion des hordes déchainées de touristes de ce début d'été, j'ai dérangé un goéland en plein petit-déjeuner. Ne cherchez pas la recette, le "gabbiano" vénitien préfère déguster son aile de pigeon façon carpaccio...


Io mi chiedo se tutta questa gente stra-felice di essere coperta di piccioni - che non sono altro che i topi dell'aria,- sarebbe tanto contenta di posare con un paio di roditori delle fogne sulle spalle! L'anno scorso, è stato proibito di nutrire i piccioni a Venezia: allora sono spariti i venditori di grano ma quelli che ti propongono di immortalarti con il volatile addosso (e che te la stampano subito), ci sono ancora. Comunque, questi piccioni hanno un dono particolare per sentire, anche dall'altro lato della piazza, un innocente che apre senza paura una confezione di biscotti per merenda! Una mattina, prestissimo, mentre San Marco era ancora calma, senza il rumore persistente dei turisti di quest'inizio d'estate, ho disturbato un gabbiano che era ben occupato a fare colazione con un' ala di piccione...



L'histoire ne dit pas comment est mort le pigeon.
La storia non dice come è morto il piccione.
Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés
dimanche 21 juin 2009
Visite dans le métro parisien

Un bon plan pour les amoureux d'histoire et les curieux en tous genres. L'association Ademas (Association d'exploitation du matériel Sprague) organise régulièrement des visites du métro parisien. Ces passionnés - qui jouaient déjà sans doute aux petits trains lorsqu'ils étaient enfants - férus d'histoire de la capitale et généreux dans leur envie de partager leurs connaissances, ont entrepris de sauvegarder le patrimoine d'un lieu qui fait partie du quotidien de plusieurs millions de franciliens. Un endroit parfois maudit, si souvent synonyme de galère pour les usagers mais qui surprend par l'ingéniosité de son impressionnante machinerie et la richesses des vestiges de son passé pour peu qu'on prenne le temps de le regarder sous un jour différent. Une visite de près de 4 heures permet de découvrir les stations fantômes, les secrets des voies de raccordement et même d'anciennes affiches publicitaires en faïence dans un couloir aujourd'hui fermé au public:


Jusqu'en 2007, l'association organisait aussi de vraies virées nocturnes à bord d'un train classé monument historique, une rame Sprague-Thomson A.475 sur les voies secondaires du réseau parisien. Malheureusement, ces circuits atypiques sont pour l'instant suspendus. Espérons que la RATP les autorise à nouveau très vite!
ADEMAS - 15 rue Erlanger - 75016 Paris - Téléphone/télécopieur : 01 47 46 03 91
secretariat@ademas-assoc.com - http://ademas-assoc.com
Balade à pied dans le métro: 12 €


Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés
vendredi 12 juin 2009
La pâte à tarte à la casserole de ma copine Mathilde

En retrouvant Mathilde, ma coturne d'hypokhâgne, plus d'une décennie après la fin de nos années - cauchemardesques, mais ô combien formatrices - de classes prépa, je n'aurais jamais imaginé récolter une des recettes les plus ingénieuses que la cuisine de bonne femme ait inventée. Mathilde la tient d'une copine de la soeur de sa mère, ou d'une tante de la voisine de sa cousine, enfin bref, elle la tient d'une personne qui a compris comment préparer une pâte à tarte en 3 minutes, sans devoir fariner ses mains, ni pétrir, ni transformer sa cuisine en champ de bataille (sans robot hors de prix non plus, cela va sans dire).


Pâte à tarte express pour cuisinière post-moderne décomplexée (oui, c'est le titre de la recette)
Liste des ingrédients requis pour faire cette pâte à tarte sablée illico presto (que les intégristes culinaires évitent par pitié de me tomber sur le pif en remettant en cause cette appellation, j'y tiens et je la garde).
- un bol de farine
- un demi-verre de sucre en poudre
- une demi-plaque de beurre
Ces quantités ne vous aident pas vraiment, n'est-ce pas? C'est toute la beauté d'une recette vécue, où les quantités ne comptent pas vraiment, où seule l'expérience vous guidera de la casserole jusqu'à la porte du four... A vous de les ajuster selon l'urgence de la situation (= ajoutez de la farine si besoin).
Ustensile précieux et sous-estimé de nos jours: mon amie la casserole (= l'arme du crime) + en guest-star: une cuillère à soupe (parce qu'il faut bien un complice).
1ère étape: faites fondre allègrement le beurre dans la casserole sus-nommée.
2e étape: ajoutez le sucre et remuer sans éteindre le feu.
3e étape: ne paniquez pas, la pâte arrive, versez la moitié du bol de farine et mélangez en toute confiance. Oui, vous avez raison, ça ressemble au départ à un roux sucré. Retirez la casserole du feu.
4e étape: versez le restant de la farine. Vous devez obtenir une pâte plutôt sèche qui a tendance à s'effriter.
5e étape: si vous avez réussi les étapes précédentes et que les dieux de la cuisine des bonnes femmes veillent sur vous, il vous suffit à présent de disposer cette pâte dans un moule recouvert de papier sulfurisé. Tapotez sympathiquement la surface de la pâte du bout des doigts afin de l'aplanir. Petite précision pour les zélées du fond de l'assistance : ne pensez pas une seule seconde à sortir et salir votre rouleau à pâtisserie, ce serait absolument inutile. Ou alors, si vous y tenez vraiment beaucoup, l'usage de la chose est admise dans un but purement ornemental, pour entretenir le mythe de la "femme qui fait une tarte" auprès des individus de genre masculin de votre entourage. Dans le même esprit, j'ajouterai que le port du tablier est facultatif avec cette recette.
Et alors après? Recouvrez de compote de pommes ou d'un peu de confiture, puis de tranches de pommes très fines. Enfournez environ 20 à 25 minutes dans un four préalablement préchauffé à 180°C. Attention à ne pas trop cuire cette pâte à tarte car elle durcit en refroidissant.
Merci encore Mathilde! et à bientôt pour de nouvelles aventures ;-)
Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés
dimanche 7 juin 2009
Ma campagne basque et le clafoutis aux cerises acides de Linda Louis

De retour de ma campagne, j'ai eu envie de partager avec vous quelques photos de sympathiques bestioles du jardin et de l'atmosphère douillette de la maison de mes parents sur les hauteurs verdoyantes du pays basque de mon enfance.





Une façon aussi de vous parler de Linda Louis, Lilo du blog Cuisine Campagne qui nous régale avec passion de ses recettes colorées entre terroirs, produits de saison et curiosité culinaire depuis 3 ans. Elle vient de publier un livre de 80 recettes "au fil des saisons", La cuisine campagne de Lilo aux éditions Rustica. Du printemps à l'hiver, on chemine tout au long d'une année gourmande où Linda, maman attentive, éco-citoyenne militante et cuisinière avertie, distille de bons conseils pour consommer mieux, se nourrir plus sainement dans le respect de notre environnement. En le feuilletant, j'ai repéré quelques recettes à l'intitulé prometteur: verrine de brioche perdue aux fruits rouges et son pesto sucré à la menthe et aux pistaches, les toasts de Salers au chutney d'abricots, la poêlée de pommes de terre et de maquereau aux échalotes et au sel fumé ou le panaché d'escargots au Roquefort, au wakamé et aux piments rouges... Moderne, sérieux et instructif, ce joli livre tranche radicalement avec les daubes indigestes que certains éditeurs peu scrupuleux - et qui semblent connaître aussi peu la gastronomie que le respect des lecteurs et des auteurs-bloggeurs - se croient en droit de nous infliger depuis quelques temps. Lilo: bravo, merci et continue!

(source photo : http://www.rustica.fr)
En ce dimanche de la fête des mères (encore une fois, bonne fête maman!), j'ai eu envie de tester l'une de ses recettes: le clafoutis aux cerises acides (il se trouve qu'il me restait une grosse poignée de cerises du jardin, pas si acides mais garanties sans traitement, ni saleté chimique, grâce à la main verte de mon père). Pour la recette, elle est donc dans le livre de Lilo, vous trouverez ici toutes les indications (clic) pour vous le procurer. En attendant, voici un aperçu de ce dessert de fin de printemps, fort bienvenu à ma table ce midi pour résister à la triste grisaille d'un dimanche parisien, loin de la campagne... (la pauvre luminosité de ma photo vous donne une idée de la couleur du ciel cet après-midi!).


Merci à mes parents pour les succulentes cerises du jardin et merci à Lilo pour ce si beau livre, sensible, sincère et engagé, qui lui ressemble tellement.
Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés
lundi 13 avril 2009
Quelques olives et un saint patron des séismes à Ascoli Piceno

294 victimes, 24 000 personnes en attente de retrouver une vie, des secousses qui n'ont pas cessé, une existence qui bascule en 20 secondes, au milieu de la nuit: je n'ai pas grand chose à ajouter concernant le tremblement de terre survenu la semaine dernière à L'Aquila. Mais il se trouve que le week-end précédant la catastrophe, nous avons traversé les Abruzzes avec le ragazzo. A quelques kilomètres, il jouait avec son quartet jazz à Ascoli Piceno, une élégante ville des Marche. Une belle endormie à l'art de vivre plaisant. A l'ombre des terrasses de ses placettes Renaissance, on déguste les fameuses olives à l'Ascolana, de succulentes olives préparées avec une farce assez similaire à celle des tortellini, frites dans une panure fine (retrouvez mon humble version ici). Les habitants ne semblent pas s'en lasser. Et je les comprends! Un cornet pour combler un petit creux, une belle assiette en antipasto, à picorer à l'apéritif. Ils les servent avec de la crème frite (étonnant et indescriptible, imaginez de la crème pâtissière coupée en morceaux, roulée dans la panure puis cuite dans l'huile) et des lanières de courgettes frites. Certes, beaucoup de friture mais pour une fois, j'ai apprécié ces apéritifs, entre amis, arrosés de l'excellent vin rouge supérieur des Marche. Quelques bonnes adresses, piazza del Popolo: Meletti (pour prendre l'apéritif, goûter leur anisette ou déjeuner d'un plat de "campofilone al ragù", de fines pâtes coupées à "la chitarra"), Lorenz (pour ses cornets d'olives, les meilleures de la ville pour moi)...


Les secousses ont été ressenties très fort ici à Ascoli. Heureusement, la ville et ses habitants n'ont subi aucun dommage. Ils s'en tirent avec quelques fissures et la peur de la "prossima volta". Depuis lundi, on ausculte chaque jour les bâtiments à risque, certains ont même dormi dans leur voiture suite aux répliques les plus puissantes. Selon nos amis, Alessia et Andrea, ils doivent leur salut à Sant' Emidio, saint patron de la cité qui protège Ascoli Piceno des tremblements de terre depuis le IVe siècle... Déjà en 1703, Ascoli avait été "miraculeusement" épargnée par le séisme de grande ampleur qui avait gravement touché la ville de l'Aquila (3000 morts). Des Saints bienveillants plutôt qu'une Eglise obscurantiste, des lois humaines plutôt que l'ambition électoraliste de politiques populistes. Oui, j'aurais envie d'y croire. Si l'homme n'est qu'impuissant lorsque surviennent ces catastrophes naturelles, il n'a rien d'innocent quand il construit en toute conscience des édifices (simples habitations mais aussi maison des étudiants ou hôpital...) qui ne respectent pas les normes anti-sismiques, ignore les risques annoncés, préfère le profit facile à la responsabilité durable...


Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés











